Cahiers...

Extrait de "Michael..."

Toute la littérature est de la cochonnerie, comprendre c’est arracher...

Antonin Artaud

 

Je hais les gens qui comprennent, je n’écris pas. Non. Je n’écris pas. Ce processus n'a rien d'un acte tendu vers l'œuvre en tant que telle, j’écris par trop plein, pour exprimer, tenter d’expliquer, de circonscrire, un état interne, un abandon, une colère, une révolte, une incompréhension. Certes, il y a un souci de beauté, mais c’est en fait dune vulgarité sans nom que tout ceci procède car je maquille la chair même des sentiments dépecés, je présente au lecteur des tripes dont je ne sais si elles sont de moi ou d'un autre, d'un autre moi, car ne nous leurrons pas, tout a d'ores et déjà été dit et écrit. Oui, tel le boucher de Londres, j’essaie de créer une tourte présentable de choses innommables et fortement repoussantes et écœurantes pour tout esprit cartésien qui se respecte. Car si la littérature est cochonnerie, de même, si les gens qui arrivent a créer de a à z sans détours sont des cochons, je suis un porc moi qui cherche à partager l'odieuse complexité d'un état d’abandon, de manque, de mélancolie, de tristesse, d’apaisement, de révolte, de désir. Car non, tout ce cirque n’est pas beau à voir en vrai : c’est, et je devance mes détracteurs, foutrement complexe, halluciné, arraché, tourmenté, happé, expliqué, contredit, rabâché, violé, oublié avant d’être vomi, remixé et resservi sous une forme encore différente, et abjecte au possible, car rien en moi jamais ne s'arrête. Montaigne disait - Tout homme porte en lui la forme entière de l’humaine condition  - je suis donc celui qui, contrairement à d’autres, peut être - ah oui car j’avais oublié de dire que je suis, en sus, imbu de ma personne et qu'égocentricité est mon second prénom - a conscience de cet état mais qui ne s'en contente pas, qui le dépasse, le transcende, le fait sur the moon tripper. Je n’écris pas pour toi, pas directement, j’écris pour survivre, c'est comme quand un rat pénètre dans c'te bon dieu de cellule, instinctivement je replie les jambes, je grimpe aux rideaux, là, c’est pareil quand j’écris, je n’écris pas, je suis écrit. Et ce n’est pas comme si j’avais appris une leçon, hein que les choses soient claires, je ne maitrise pas ce qui sort, appelez ça comme vous voudrez, je men contrefous, il me faut être violé par cet inextricable et animal besoin pour tenter d’accepter ce que je vois, ce que je vis au plus profond. Par honnêteté, je vous avouerais volontiers que j’ai des amis. De proches, amis. De ceux qui hurlent, comme moi, bien mieux que moi, âme jumelle et autres incarcérés de l’esprit en tous genres, de tous lieux et de toutes époques confondues, puis vous, n’est-ce pas, vous. Vous qui me faites hurler et qui, par la faute de vos petites cellules bien trop mal dégrossies, ne comprenez, et ne comprendrez, pas, toute, la... Décon... Struction! de mon être esprit et de ses entrailles. Car on ne comprend jamais que ce que l’on vit, n’est-ce pas ? Certains partent du postulat, et c’est là où on se rend compte, lecteur chétif, des cheminements brumeux de mon esprit de grand détraqué car en réalité cette réflexion a été amorcée bien avant et perdue par milles autres pensées électrifiées, donc, certains partent du postulat que tout peut être, et que tout doit trouver une explication. Ne trouvez vous pas que ce mot est d'une violence soniquement inouïe ?! Oui tout a une origine, un début et donc une fin, tout ! Tout n’est que mots, définitions Bla voir avant, après, plus haut ou plus bas, les pages tourner pour dans ce labyrinthe vous retrouver. Eh bien que nenni. Je suis là moi pour ne montrer que le brouillard de tout ce qui peut composer un être humain, qui marche forcément à l’envers d'un endroit qu'il ne connait pas. Je suis là pour tenter de mettre à vif la complexité d'une micro seconde de vie, d'un violent et intraduisible ressenti, car, si mes textes racontent une histoire, quel terme juvénilement désuet, ils ne font qu’avancer en apparence littéraire, en décorations. Dans le fond, pour ce qui concerne le sujet même de mes délires de réflexion, j'en reste toujours à l’incompréhension, au questionnement et l’issue littéraire n’est rien d’autre qu’une question indirecte que je pose à l’attention du lecteur, qu'il en fasse ce qu'il voudra, pendant qu'il se perd en existence moi au moins, dans les méandres du temps suspendu, j’aurai trouvé à ma façon les clefs de ce que jamais il n’osera accepter et qui pourtant est là, tapis dans son ombre. Voilà moi, pourquoi et comment j’écris, mon cœur écarlate est toujours là, prêt à exploser en un artifice de sentiments exacerbés pour tenter de comprendre une vie subie plus que vécue, intérieurement parlant, bien sûr, car à la surface, je délire... 

Que disions-nous ? Déjà ? 

Fou ?

Intéressant. 

Cahier suivant.

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