Michael...

Livre en cours de préparation

 

« Celui qui a atteint tous ses buts

a sans doute fixé la barre trop bas. »

 

Herbert von Karajan

 

 

      Je dois au lecteur, qui s’engage dans la lecture de ce livre, quelques explications liminaires afin de ne pas le laisser, désorienté et sans repères, s’aventurer dans un voyage que j’ai voulu total.

      Qui mieux que Lamartine pourrait introduire l’existence même de cet ouvrage ? Laissons-lui donc la parole : « Le livre de la vie est le livre suprême / Qu'on ne peut ni fermer, ni rouvrir à son choix / Le passage attachant ne s'y lit pas deux fois, /Mais le feuillet fatal se tourne de lui-même; / On voudrait revenir à la page où l'on aime, / Et la page où l'on meurt est déjà sous vos doigts. » Oui, tout dans Michael…, part de cette volonté de figer l’instant, de se souvenir d’une destinée qui s’est trop vite consumée ; emmurée par trop de questions, étouffée par trop d’impossibilités, morte par trop d’ignorance. A cet égard, les mots ne sont-ils pas les seuls capables de subir l’outrage du temps ? Ne sont-ils pas, à eux seuls, porteurs de toute l’intensité du présent-passé qui se doit d’être souvenu pour ne jamais rien reproduire de ce qui a pu exister du mal ou de l’ignoble ? C’est, entre autres, à ces deux questions que j’ai voulu répondre en rédigeant Michael… Très vite cependant, j’ai compris que la réponse allait apparaître d’elle-même dans les pages que j’allais produire (j’avais eu le temps de faire quelques rencontres inoubliables de grands esprits, de grandes âmes, qui me confortaient dans mon effort de véracité du moment). Une autre question me vint alors à l’esprit, celle de savoir pourquoi j’écrivais, quelle était ma destinée d’écrivain (si tenté que j’en aie une…). La réponse ne se fit pas attendre. Il m’a suffit de porter mon regard sur le rétroviseur et de voir le paysage défiler, au loin : le passé, le présent, mon vécu un peu défiguré. Je n’avais eu de cesse, depuis de bien nombreuses années, de chercher l’autre, de l’apprivoiser, de l’aider, de l’Aimer. Je n’avais eu de cesse de me donner tout en me cachant, et avec quelle inconsciente perfidie ne le faisais-je pas ! M’arrogeant le droit de juger, d’être triste (par sa faute bien entendu), d’avoir des exigences à son égard, je me posais en quelque sorte, de façon involontaire puisque non-maîtrisée, en victime. Je dis bien en quelque sorte car mon but était, encore une fois et de façon continuellement et complètement inconsciente, bien plus élevé que ce que certains m’ont laissé croire en me réduisant à une image de nihiliste et de nombriliste de première catégorie. Je n’avais eu de cesse, et je n’ai de cesse au jour présent, de chercher à comprendre mon âme et, par la même, celle des autres. Toute découverte, toute recherche de vérité passe par des erreurs, inévitables. J’étais donc, dans mes premiers écrits, en tâtonnement. Je cherchais innommée (Cf. Beautés Abyssales). Puis un jour, je ressenti le besoin d’aller plus loin dans ma démarche littéraire. Homme de défis, j’ai souhaité alors dépasser le cadre simple de la prose courte de mes textes initiaux. Et c’est à ce moment précis que la thématique de l’âme m’est apparue, doucement, sans heurts, sans violence. Le défi était colossal… Michael… était né

      Le livre que le lecteur tient entre ses mains est donc un livre sur l’âme. Oui. Les lettres ne se confondent pas, elles ne tournoient pas : l’âme est le sujet de ce livre. Je laisserai le soin aux plus courageux d’en trouver la définition au creux de ces pages. Néanmoins, et au-delà de la mise en lumière de ce thème unique, il me semble important de présenter au lecteur l’approche qui fut la mienne pour tenter de démontrer l’existence de l’inexplicable.

      Ma passion pour le son, et surtout pour le mixage, fut à la source de l’entièreté de l’œuvre telle qu’elle est ici présentée. Au tout début, près de 100 textes ont été rédigés sans prévision de la création de l’œuvre dans cette forme « mixée ». Puis, un soir, en réécoutant un mix audio que j’avais fait, je me suis dit : pourquoi ne pas faire exactement la même chose mais sur un plan littéraire ? Pourquoi ne pas créer un véritable mix littéraire ? Rien de plus simple : il suffit de remplacer les chansons par des textes, l’introduction et le final par un prologue et un épilogue, les enchaînement des chansons par des ponts et les grands mouvements musicaux par des interludes littéraires (à la manière d’une Symphonie) !! Et créer donc une œuvre d’une originalité Unique…

      J’ai donc commencé à réfléchir à une trame narrative en partant des textes déjà écrits. Le but de l’entreprise semblait on ne peut plus simple. Chaque texte devait raconter une étape de l’histoire de Michael, présenter ses pensées, décrire un état, mettre en avant un monologue, un dialogue, une description etc. Jusque-là, rien de bien complexe puisque chacun de mes textes était une réflexion plus ou moins poussée sur un thème déterminé.

      Pourtant, c’est dans enchaînement des textes que la tâche se révéla beaucoup plus ardue puisqu’il fallut déterminer de quelle façon allaient se faire les enchaînements et quels textes allaient raconter telle ou telle partie de l’histoire. Afin de résoudre la première problématique, j’optais pour que la fin d’un texte s’enchaîne avec le titre du texte suivant. Je me suis très vite rendu compte que, à l’instar d’un album des Pink Floyd, ou du Petit Peuple du Bitume de Daran, cette première idée nécessitait une mise au point. Enchaîner les textes entre eux sans « pont » était impossible puisque cela conduirait inéluctablement à n’enchaîner que des descriptions, des situations sans que la trame narrative ne puisse ressortir.

      Dès lors, progressivement, je plaçais mes textes dans un ordre qui me semblait logique, et défendable, et créait le lien entre eux par la suite en essayant de ne pas trop modifier leur forme et leur contenu originels. Très vite un autre problème se présenta qu’il me fallut surmonter : si je procédais de la sorte, je risquais à un moment donné de tourner en rond sans que l’histoire de Michael ne ressorte suffisamment clairement. C’est alors que j’eu l’idée de scinder mon histoire en trois grandes parties, chacune d’entre elles étant elle-même subdivisée en sous-parties. La trame narrative m’apparut alors aussi limpide qu’elle est présentée en quatrième de couverture.

      Le livre se compose de trois grandes étapes : 1 – mal être de Michael dans son relationnel à l’autre (amoureux, professionnel, amical ; 2 – repli de Michael sur lui-même (dépression, internement asilaire, perte de la pensée, décès) ; 3 – combat de l’âme de Michael sur terre pour prouver son existence avant qu’elle ne soit rappelée par les cieux (errance, combat, rappel de l’âme par les cieux, combat final). Bien entendu, l’âme est mise en avant de façon différente dans chacune de ces parties, de façon plus ou moins intelligible et ce de façon complètement volontaire, le lecteur restant libre d’en faire sa propre interprétation. Chaque partie est constituée de sous-parties (Cf. les parenthèses ci-dessus) mettant en lumière des aspects spécifiques de l’être physique et intellectuel de Michael dans des tranches de vies finement choisies pour leur force émotionnelle. Afin de renforcer la trame narrative du livre pour ne pas trop perdre le lecteur, les sous-parties sont liées entre elles par des « interludes » facilement identifiables par les séparations imagées et centrées au milieu de la page. Cette structure permet une simplification extrême de l’histoire de Michael tout en mettant en avant ses « déboires » sans écraser la trame narrative. Qui plus est, elle était la seule qui pouvait convenir à la rédaction de mon Roman Textuel tel que je l’avais imaginé au départ.

      Au-delà de cette structure globale, j’ai voulu que les textes eux-mêmes reflètent l’esprit triste, désespéré, torturé et décédé de Michael. Pour y parvenir, j’ai donc multiplié les renvois internes entre textes (mettant en avant les parallèles qui me semblaient importants), ait poussé le vice jusqu’à mixer en un seul texte nouveau deux anciens textes séparés et ait utilisé tous les stratagèmes possibles pour déstabiliser le lecteur dans une lecture qu’il aurait certainement voulue tranquille et donc, par trop facile (je n’en dirais pas plus ici pour laisser le lecteur libre de voir, ou non, lesdits stratagèmes).

      Dire plus de choses ici serait tuer le livre (et par conséquent près de trois années de travail…) dans l’œuf... En attendant la parution du livre, la section Découverte Littérosonore du site vous permettra de découvrir des textes inédits de... Michael... 

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